30 octobre 2008
suite de la vie quotidienne
Les cours de malgache :
Nous avons eu notre 1er cours de malgache à l’alliance francaise: quelques bases comme les salutations… et quelques notions de grammaire rapide.
C’est beaucoup plus facile que le français : juste un exemple de quoi dégouter tous les petits écoliers (et les instits qui s’arrachent les cheveux). La plupart des verbes d’actions commencent par une voyelle et pour le conjuguer au présent il suffit de mettre un M devant, pour le passé un N et pour le futur un H.
Par exemple : Ihinana = manger
donc je mange = Mihinana aho ; je mangeais = Nihinana aho ; je mangerai : Hininana aho. Pas de passé composé, d’imparfait, de futur antérieur et tout le blabla. Simple non ???
· Les vélos font de régulières visites chez le marchant pour être revissés.
· Le boulot
Ca avance à petit pas pour une vision occidentale et à grands pas pour Voici un petit résumé de l’organisation malgache lors de notre première semaine. Ici, le mot d’ordre est Mora Mora.
Jour 1 (jeudi) : rdv avec Félix et visite des locaux (les 2 cantines scolaires). Explication de leur fonctionnement. Une heure de « travail ». Court et on va dire « efficace ». Pour l’organisation de notre travail, on se revoit le lendemain matin.
Jour 2 (vendredi) : rdv avec Félix. Le but : fixer un emploi du temps pour pouvoir commencer lundi matin. En une heure, nous en saurons pas plus que la veille. Félix ne sait pas combien d’élèves veulent participer, ni s’ils sont libres le matin ou l’après midi. Il nous assure aussi qu’il prend rdv avec les 2 étudiants malgaches qui nous aiderons. Nous lui demandons également de pouvoir rencontrer une instit de CM1 CM2 afin de décider ensemble de ce qui serait utile de faire avec les élèves en soutien scolaire. Nous convenons que lundi matin nous nous réunissons tous pour faire le point et établir un programme.
Jour 3 (lundi): Début de la réunion à 8h et fin à 8h30 !!! Félix connait le nombre total d’élève voulant participer mais il a oublié de leur demander quand ils étaient libres. Les 2 étudiants eux sont libres tous les jours et attendent comme nous que cela avance. Quand à l’instit qui est venue nous conseiller, elle est très gentille mais elle s’occupe de CP/CE1 et ne peux donc pas nous aider ! ca ne commencera donc pas aujourd’hui. Félix nous demande de revenir le lendemain matin à 8h. Il doit aller prévenir les élèves cet après midi.
Jour 4 (mardi) : Rdv à 8h ; les élèves du matin devaient venir et ils ne sont pas là. Félix nous apporte enfin la liste exacte des élèves avec leur emploi du temps. Nous faisons rapidement un tableau récapitulatif et 30 minutes plus tard, on a finit. On revient l’après midi. Des élèves sont là. On organise des jeux collectifs.
Jour 5 (mercredi) : On arrive à 8h et … toujours personne : les élèves du matin ne semblent toujours pas avoir été mis au courant… On revient l’après midi. Les enfants sont là (une dizaine). Ils sont tout contents de jouer avec le matériel sportif notamment mais en même temps ils sont bien respectueux de celui-ci. Ca laisse rêver non ???
Depuis, nous avons des petits groupe d’enfants tous les matins et l’après midi : des CM1 pour la plupart. Les CM2 eux ne peuvent venir que le mercredi après midi ou le samedi matin : ils ont cours tout le reste du temps. Ils sont du coup plus nombreux. Nous essayons tout doucement de commence des « cours » de français ; un peu difficile car nous n’avons toujours pas de demande de la part des enseignants. Ce que nous faisons ressemble beaucoup aux cours d’anglais que je fais en France (jeux + oral à fond).
J’avoue que j’ai du mal à comprendre leur enseignement. Tous les cours à partir du CE1 se font en français (soit disant) sauf le cours de malgache. Sur le cahier de SVT, il y a de belles leçons (recopiées proprement mais bourré de fautes d’orthographe) avec les mots clé en rouge… Ca donne par exemple : « l’os est composé de cartilage, de la moelle rouge,… » ils ont fait des schémas de coupe de l’œil, de la terre…. Idem pour le cahier de français qui comporte de belles leçons sur le COD, COI, CC, verbes conjugués au passé, présent, futur…Mais ils ne savent même pas répondre par une phrase aux questions du genre : « Combien de frères as-tu ? » (la plupart confondent frères et sœurs).
· La bouffe (paragraphe que n’oublirais en aucun cas de mentionner évidemment) :
La sœur de Docte (le copain malgache de Nathalie, notre voisine kiné) nous a fait un cours de cuisine malgache : on a cuisiné des beignets de pommes de terre et de viande. Très bon ; seul hic : la viande. On l’a achetée sans doute un peu trop tôt. Du coup on a du en jeter la moitié (elle était un peu verte…). A refaire. On continuera sans doute à se voir pour qu’elle nous explique les plats que l’on mange dans les restaux ou les gargotes. Ce soir, c’est à notre tour de leur faire à manger « français » : ca devrait être courgettes, aubergines farcies et un crumble banane/mangue en dessert !!!
Sinon, on est devenue des fans inconditionnelles de la Vache qui rit (à défaut de tout autre fromage), de patates douces cuites au feu de bois (déjà cuites, facile à éplucher cela change du riz) et toujours de brochettes de zébu. Ce matin, on s’est fait plaisir avec des … crêpes. On ne se fait que des sucrées car on a rien de salé à mettre dessus : pas de fromage, pas de jambon,…
Manue et moi avons déménagé ; la chambre du dispensaire était trop petite pour 4. On a trouvé une chambre avec accès à un coin cuisine et à la salle de bain dans le centre ville dans les locaux d’un club de plongée, sur le front de mer ; bon il ne faut pas trop rêver non plus, je vous rappelle que l’on ne peut pas se baigner à Tuléar – on admire juste le coucher de soleil sur le canal du Mozambique.
· Les vacances (autre paragraphe à ne pas oublier)
Certains d’entre vous êtes en vacances ? Et ben profitez en bien. Moi aussi dans 2 jours. Ici ils ont une semaine de vacances. Les cantines scolaires ne fonctionnent pas et donc les enfants ne viennent pas (ca prouve bien que la plupart viennent pour la nourriture que propose l’asso…).
Avec Manue on a donc prévu de se replonger dans la peau de touristes ; direction l’est pour la descente en pirogue de la Tsiribinne (un fleuve) puis les Tsingy (parc national) et enfin un petit tour sur LA route des baobabs…
week end en brousse
L’objectif de ce weekend était d’aller aux 7 lacs (sacrés) à 70km de Tuléar.
Le seul problème (récurent à Mada) : l’état des routes. En effet, après une vingtaine de km sur la RN7 (nationale en bon état), 50km de piste nous attendent. A priori, il existe un hôtel au village près des 7 lacs. A priori…
Nous voilà donc partis de Tuléar samedi midi en moto avec Nathalie (notre voisine kiné), Docte (son copain malgache) et les amis de Docte (qui font de la moto cross en compétition) : 3 motos dont deux de cross et une de ville (le chauffeur croyait que l’on allait à un autre endroit où il y a moins de piste) et un scooter. Je monte donc sur la moto de ville, genre une petite Harley et en route pour l’aventure…
A peine partis, une première panne sur la moto de Manue. 10 petites minutes de trafiquâges feront l’affaire. On repart sereins.
La piste (sable ou terre dure et pierreuse) est en vue. Le tapecul associé à la poussière rende le trajet encore plus aventureux. Nous longeons le large fleuve marron - l’Onilahy –, les rizières et passons à travers une forêt de je ne sais plus quoi (non tropicale en tout cas).
Arrive le 2eme souci technique toujours sur la moto de Manue après cette fois ci 1h30 de piste : crevaison ! On s’arrête au niveau d’un village ; cours de mécanique par Docte. Pas de chambre à air de rec hange ni de rustine; on découpe un morceau d’une vielle chambre à air et on colle. Ca sèche et pendant ce temps tous les enfants du village se réunissent autour de nous pour se faire prendre en photos et regarder la réparation –sans doute l’évènement de la journée ! Communication très difficile : les enfants et souvent les adultes ne parlent pas un mot de française. Au moment de remonter la roue, on constate une autre crevaison et pas des moindres : deux déchirures dont l’une de 7 cm (sans mentir, photo à l’appui). Pour nous, les vazettes même pas la peine d’espérer réparer cela. Docte nous rappelle que nous sommes au pays de la démerde : « Si,si c’est possible après 2 heures de temps » (comme ils disent).
Nous repartirons donc avec une chambre air comme neuve mais à la tombée de la nuit. Passage dans le sable avec qq frayeurs pour les vazettes : les roues arrières partent à droite et à gauche. Mais apparemment, c’est normal. De toute façon, on peut que leur faire confiance car :
-1. On est pommé à au moins 1 jours de marche dans la brousse
2- Vues les réparations qu’ils viennent de faire, c’est qu’ils doivent s’y connaitre un minimum…
Il fait nuit et il nous reste encore 25km de piste avant d’arriver au village près des 7 lacs. C’est trop risqué de continuer. Un ami de Docte se présente au chef du village où l’on s’est arrêté et il lui demande si l’on peut dormir ici. Il accepte. Les vazettes sont trop heureuses mais les malgaches restent méfiants. En effet, tout le village et donc tous les alentours savent que l’on va dormir ici avec des motos et des affaires personnelles qui ont de la valeur pour eux (pas pour nous sauf l’appareil photo). En nous accueillant, les villageois prennent le risque de se faire attaquer notamment par les voleurs de zébus ; Docte s’il avait été seul aurait préféré dormir à la belle étoile dans la brousse loin de tous les regards. On se rassure en se disant qu’un « militaire » garde le village la nuit. Nous nous installons donc (les 3 vazettes) dans la case du chef du village – case de 9m2 en boue et avec un toit en bois – Il y a juste un grand lit (où nous dormirons dans le sens de la largeur) et des vélos de stockés. Les malgaches dorment dehors sur une bâche pour veiller sur les motos (et sur nous !). Ils s’endormiront avec les casques sur la tête pour se protéger du vent. Les femmes du village nous proposent du riz qu’elles font cuire devant nous au feu de bois en 1heure. Nous salivons devant. Elles sont désolées, il n’y a rien pour l’accompagnement. Au final, on nous vendra un poulet (pour 7000Ar-3 euros) que l’on égorgera, plumera, videra et grillera devant nous. Repas très basique mais qui nous sauve : pas d’épicerie à l’horizon. On finit de manger alors que tout le village dort – silence de mort.
La nuit sera courte : couchées à 10h et levées à 4h du mat pour pouvoir arriver aux 7 lacs tôt le matin et rentrer à Tuléar avant la nuit. Nath a mal dormi (mal de ventre) sans doute un peu stressée, alors que Manue et moi nous nous sommes endormies à poings fermés, crevées par la journée et sans doute un peu naïves par rapport au risque.
Petit dej rapide avec qq gâteaux qui nous restent, du pain sec et des galettes de riz offertes par les mamas du village. Et c’est reparti au levé du soleil.
Pas de souci technique jusqu’aux 7 macs mis à part que j’ai failli embrasser le terre malgache comme ils disent. Plus de peur que de mal – le caillou caché sous le sable m’a fait faire un petit bond et m’a fait crier. Heureusement car avec du recul, on était qd même à une demie journée au plus rapide de l’hôpital de Tuléar (qui reste l’hôpital de Tuléar, donc pas terrible). Le chauffeur redémarre un peu plus mora mora d’autant plus qu’il faut attendre le scooter qui résiste toujours ! Un exploit. Ils ont quand même un peu peur que le moteur lâche (et là on aurait bien été embêtés…).
Il a qd même fallut traverser un bras de rivière avec les motos. Le scooter et ma moto passeront en équilibre sur un tronc d’arbre. On arrive enfin au village des 7 lacs ; L’épicerie temps attendue est … vide ! On achète donc une patate douce chacun pour le piquenique ;
Un habitant nous accompagne pour une petite balade à pieds aux lacs. On en profite pour se baigner (et donc se laver) ; Ca fait trop du bien après tout ce trajet dans la poussière. Les 7 petits lacs se succèdent. L’eau est claire sauf pour les 2 derniers où il ya de la mousse qui flotte (du vomi on dirait).
On décide de repartir vers 10h 11h pour être sûr d’arriver à Tuléar à temps (on ne sait jamais, les pannes ne préviennent pas). Le retour se passe bien (toujours en tapecul). On craint toutefois une panne sèche de carburant pour ma moto et pour le scooter. Ca passera, juste. De toute façon, on n’avait pas le choix.
Soupir de soulagement en voyant la RN7. On ressort toutes contentes de se weekend mais les fesses, les genoux ou le dos un peu en compote. Une bonne douche, un bon repas dans une pizzeria de Tuléar et surtout une bonne nuit répareront tout cela.
Conclusion : weekend en brousse réussit avec juste ce qu’il fallait en aventure. Merci à Docte et aux motos!
21 octobre 2008
la vie à Tuléar
Arrivées à Tuléar avec un peu de vent qui n’est pas de trop.
Tuléar à l’air assez étendu au premier abord avec de grandes avenues sans ombre. Félix (le responsable d’EdS) nous attends et nous amène au dispensaire (complet avec lunetterie, dentisterie, ophtalmo…) ou nous logerons. Surprise il n’y a que 3 lits pour 4 !. On en rajoute un par terre en attendant de trouver une deuxième chambre (la semaine prochaine sans doute).
Déballage, enfin, de toutes nos affaires et grosse, grosse lessive à la main. Un savon de Marseille entier y passera. Le tout sous la chaleur. Bienvenue à Tuléar ! La ville où je le dis et je le répète il fait chaud !
Le soir délestage donc soirée à la bougie. Nous allons nous remplir le ventre avec un Mi Sao (spaghettis aux légumes) et brochettes de zébus dans un gargote du quartier. On se couche au rythme malgache (8h30-90h) après avoir tentées d’installer nos moustiquaires.
Les jours suivant seront consacrés à l’acclimatation au soleil de Tuléar, mora mora…
Félix, nous fait visiter les 4 cantines scolaires de EdS et nous rencontrons les différents partenaires.
En fait, le midi les enfants viennent prendre un repas préparé à tour de rôles par les parents d’élèves (les mamans…). Il y a 150 à 200 élèves (école primaire) par cantines. Les cantines que nous avons visitées sont :
- une grande salle, sorte de hangar (c’est aussi la salle, la seule que nous avons à disposition pour faire nos activités)
- des bancs et tables alignés en rang comme une salle de cours sous des bâches
Ils arrivent avec leurs gamelles ; j’ai bien dit une gamelle, vous allez comprendre pourquoi ensuite. On les appelle pour cocher leur présence sur leurs cahiers de repas et ensuite ils se font servir le plat unique : du riz et des lentilles. Unique à chaque repas et unique pour tous les repas ! On est très surprise par la quantité qu’ils servent et qu’ils mangent (rien ne reste dans la gamelle) : pour vous donner une idée, ils ont 8 ans et mange l’équivalent d’un saladier entier de riz, soit pour nous 6-7 portions !!! Il va falloir que l’on s’habitue au repas ; nous aussi nous allons manger cela tous les midis pendant 2 mois… Autant vous dire que je ne veux pas de riz aux lentilles en arrivant. Le repas se fait assez rapidement et dans l’ordre : ils sont habitués. Pas de chichi, ils s’assoient les uns à la suite des autres, en rangées face à face.
Nous seront donc dans la grande salle (le hangar on va dire) avec un tableau et quelques chaises et tables pour assurer le soutien scolaire le matin (avec les élèves qui vont à l’école l’après midi) et l’après midi (inversement). Nous aurons principalement des CM1 (classe de 8eme ici). Les CM2 travaillant tous les jours sauf le mercredi après midi, cette demie journée leur sera réservée (peut être le samedi matin également).
Il va falloir improviser. L’organisation se fait tout doucement ici ; il ne faut pas être pressé. Un jour pour prendre RDV, l’autre pour voir la personne et le 3eme jour pour prendre une toute petite décision. Nous serons assistées par 2 étudiantes malgaches (payés) qui ont déjà fait du soutien scolaire pour nous aider à communiquer avec les élèves qui semblent-ils ne parlent pas très bien le français (cela a été vérifié…)
J’ai pu regarder rapidement les cahiers d’une élève de CM2 (école privée toutefois alors que nous travaillerons avec le public). Elle avait :
- un cahier de brouillon
- un cahier d’exercice du jour (bourré de fautes au passage)
- 3 cahiers de leçons (français, maths et sciences)
Cela ressemble beaucoup à ceux français ; au programme, conjugaison, grammaire… et pour les sciences, leçon sur le système solaire.
Nous verrons ceux des élèves de l’école publique !
Nous visitons aussi Tuléar rapidement.
- L’Alliance française où nous devrions commencer 3 cours de malgache/semaine. Nous nous sommes aussi inscrites à la bibliothèque pour occuper les soirées de délestage.
- Achat de vélos chinois. Lorsque nous arrivons au magasin, toutes les pièces sont par terre en tas. Ils commencent à les monter devant nous. Nous nous rendrons compte (une fois testés) que les dépanneurs aux coins des rues nous seront utiles pour resserrer régulièrement la selle, les freins… Par contre pas moyen d'utiliser le grand plateau, la chaine est trop courte. Il semble qu'ils en ai pris 3 pour en faire 4!!!
- Pour nous détendre samedi aprèm, nous testons le cinéma de Tuléar géré par l’asso « bel avenir ». 200ar le film (soit 0.8euros). Conclusion : le film a chier (la ligue) mais par contre ambiance garantie : la salle est remplie et l’on ne voit pas où l’on marche ; les malgaches sont en extase face à la culture occidentale. La salle se remplie de « Oh « et de « Ah » à chaque bagarre, effet spéciaux, voiture de luxe ou maisons anglaises. Les commentaires se font tout fort ; on répond au téléphone ; on se lève… Au final, nous ne sommes pas certaines qu’ils comprennent l’histoire (il n’y a pas de sous titre) et on constate qu’ils rigolent beaucoup après des expressions de la vie courante (genre : beau gosse…)
- Nous devrions aider l’asso Bel avenir le mardi ou le jeudi soir en donnant des cours de conversation française aux jeunes femmes malgaches. Début demain soir normalement…
Je vous tiens au courant de notre travail.
A bientôt
Celine
parc d'Isalo
Nous quittons Fianar avec encore en tête des doutes par rapport aux réponses apportées par les Pères. (cf fin du message).
Le trajet entre Fianar et isalo, se fait en taxi brousse cette fois ci plus que bondé. Nous voyagerons pendant 6heures avec une petite malgache de 7 ans sur nos genoux à tour de rôle. Elle sera ravie : « Vice les vazaha, ils n’arrêtent pas de manger et de boire et en plus ils partagent. » D’ailleurs je fais une annonce pour Noel : je recherche des fesses de rechange. Les miennes sont usées par les ressorts des banquettes des taxis brousse.
Le paysage est de plus en plus sec et montagneux : « savane » et rochers de l’Ayers Rock » (Australie) à perte de vue. Les montagnes culminent à 2000m d’altitude. Premiers cactus. L’image que j’avais de Mada.
Nous arrivons à Rahonira, le village de l’entrée du parc national d’Isalo (le Colorado malgache) et nous nous installons chez Alice, dans des bungalows en terre rouge avec vue sur le parc. Le confort à petit prix (2euros/j/pers) dans un décor de carte postale. A, j’oubliais de préciser, il commence à faire très chaud ici. Pas besoin de drap ; on a plutôt envie de sortir prendre le frais dehors !!
Une autre surprise (un peu moins bonne) nous attend : pas de banque ! Du coup notre trek risque d’être infaisable. Nous partons donc à la recherche d’une âme charitable. Isis, une australienne de 25 ans qui voyage de puis 7 ans à travers le monde (voyage + travail dans les pays) nous sauve notre périple. Elle nous prête des euros que l’on lui rendra à Tuléar. Pour une fois les grands hôtels pour vazahas nous seront bien utiles : ils nous changent nos euros en Ariary : opération réussie !
Reste à trouver le guide (le bon !). On se garde ce défi pour le lendemain matin après avoir pris qq infos auprès de touristes. Nos ventres nous appellent. Après un bon repas et une chaude, très chaude nuit, on se lève tôt. Isi et Jennifer, une avocate Irlandaise de 34 ans qui voyage seuls (« marre de bosser comme une acharnée depuis 5 ans avec seulement 10jours de congé par an) nous rejoignent au bureau des guides. Négociation avec un guide qui pour une fois ne nous a pas assaillit à notre arrivée ! Il nous demande beaucoup mais nous lui répondons que nous n’avons pas besoin de porteur ni de repas luxueux !
Et c’est parti pour un trek de 2 jours à pieds avec bivouac. Les couleurs du paysage sont magnifiques : rouge pour le terre, vert (le lichen) et ocre/jaune pour les rochers et jaune ou noir pour les herbes : grillées naturellement par le soleil ou intentionnellement par un incendie ; les paysans mettent le feu aux herbes sèches pour qu’elles repoussent (15j) et que les zébus puissent manger.
Premières photos, premières discussions franco-anglo-malgache. Chacun essaie de parler dans l’autre langue. Les méninges sont au travail. Premières sueurs aussi. Vive le tee-shirt qui sert de turban ! Le guide, Daniel, parle très bien les 3 langues et nous explique la signification des tombeaux trouvés sur le chemin. Après le décès, le corps est enveloppé dans des tissus (lamba je crois – sorte de paréos) puis est placé dans un tombeau provisoire. Celui-ci est placé à un endroit accessible (bord de chemin par exemple). Puis un an après (ou un peu plus car cela coute cher à la famille), c’est le retournement des morts. Le corps est enlevé du tombeau provisoire. Les os sont nettoyés ; c’est la fête dans tout le village en l’honneur du défunt. Puis il est replacé dans un nouveau définitif qui lui est placé dans un endroit significatif et non accessible en général (falaise par exemple).
Nous croisons d’énormes phasmes que Daniel repère tout de suite : c’est lion d’être le cas pour nous !
Le sentier est relativement plat et nous accédons à d’immenses points de vue sur le parc. Paysage très rocheux. Es arbres (et donc l’ombre) se font rares.
Heureusement nous arrivons vers 11h à un petit oasis : une petite cascade avec une piscine naturelle. Le pied !! Bon il aurait fallu un peu moins de vazahas pour que se soit vraiment le paradis…. La baignade, une petite sieste et un bon pique nique nous requinquent. C’est reparti sous le cagnard. Nathalie en chie : difficile de se bouger les fesses sous 35°C.
Nous arrivons à l’aire de bivouac. C’est là que nous constatons que quelqu’un nous a amené les affaires pour le bivouac et nous prépare à manger. C’est cool parce l’on aurait jamais pu porter leurs marmites en fonte. Nous nous installons dans les tentes (une pour deux) au milieu d’une classe verte du collège français de Tuléar. Nous repartons pour 20 minutes de marche facile pour se baigner une dernière fois (ca fait toujours autant du bien) dans une cascade. Cette fois –ci l’eau est plus sombre, la piscine plus encaissée dans un trou et l’eau plus fraiche. On se dépêche de rentrer : le tonnerre gronde et quelques gouttes commencent à tomber. Le prix à payer pour être avec une Irlandaise !
Nous aidons les cuisiniers à éplucher les légumes (des brèdes : sortes d’épinards). En louchant sur la cuisson des frites pour les petits français. Le tout cuit au feu de bois bien sûr !
Apéro avec un punch et cacahouètes grillées. Puis repas plus sommaire : riz et quelques morceaux de viandes qui se battent en duel. La soirée s’écourte ; il pleut.
Petit dej au levé du soleil (ou presque) et là, Manue a mal au ventre : elle a pris son médoc contre le palu avant de manger… Ca ira mieux 20 minutes plus tard mais comme Nathalie ne veut pas trop marcher nous écourterons la balade de la journée.
Nous montons » (ca monte tout doucement) à un point de vu sur les canyons. Ici on est seul au monde… Nathalie et Séverine resterons en bas se reposer. Nous croisons des iguanes et nous redescendons pour être à l’ombre et arriver à deux nouvelles piscines naturelles ; une bleue et une noire. Là encore la baignade est bien appréciée et le pique nique aussi (cette fois ci sandwich de zébu à la place du pâté).
PS : Spécial dédicace à Daunat
Et oui un guide malgache portait un tee shirt publicitaire du Beach Rugby Tour de Daunat : un touriste italien le lui a offert !
Nous constatons que nous sommes entourés de groupes du 3eme age qui passent sans vraiment se poser : il faut faire vite, le bus les attend !
Quand nous repassons au bivouac pour rentrer, nous sommes attendues par des lémuriens : des bruns et des « Vazahas » (des lémuriens blancs). Pas farouches !
Fin des périples bien crades entre la transpiration et la poussière. Retour au village à 6 dans une vielle voiture pourrie qui passe partout.
On se pose quand même boire un coup avec le guide : le punch litchis maison est le bienvenu. Nous passerons la soirée à manger local dans un restau typique malgache (un bouiboui). Poas de dessert. Nous nous contenterons d’acheter un paquet de gâteaux secs nappés de chocolat et de le manger sur le pouce dans la rue.
Nous repartons le lendemain avec iris pour Tuléar en 4x4 qui va chercher des touristes à vide (Nath en a marre du taxi brousse).
Le trajet dure 4 heures. Le seul souci nos bagages qui prennent plus de place que nous. Le chauffeur n’arrête pas de nous préparer à un éventuel contrôle de police. On est trop chargé. Il faut inventer une excuse (pas grosse du tout vous allez voir). On a un avion à prendre à Tuléar, une d’entre nous est malade et en plus notre 4x4, qui était plus grand, vient de tomber en panne ! La totale. Finalement, on n’en aura pas besoin de mitonner et de sourire aux policiers ; Parties à 7 heures du matin sous 25°C, on atteint juste 35° à 10h ! Ca promet !
Premiers baobabs.
Réponse des Frères / nos questions.
La question : « Comment se fait-il que vous prônez le partage entre les riches et les pauvres et que dans le même temps vous vivez dans le luxe alors que la population crève de faim sur le trottoir ? »
La réponse (le premier frère a éviter de répondre…)
Notre structure fait partie des communautés de Mada qui elles-mêmes font parties des communautés du monde entier. Le siège est à Rome. Les apports financier proviennent d’apports locaux (lesquels ??? fidèles, état ???) et d’apports internationaux : les communautés excédentaires (Etats Unis par exemple) reversent leurs bénéfices aux communautés déficitaires (comme celles de Mada en général).
Nous essayons d’améliorer les conditions de vie de la population en construisant des écoles par exemple. Le souci actuel est de les faire tourner. Nous leur apportons les locaux mais il ne faut pas les assister entièrement. A eux aussi de se prendre en charge !A eux après de gérer le matériel, les cours ensuite… C’est parfois difficile.
Concernant notre niveau de vie. Cela peut porter à confusion (effectivement) mais ce n’est pas parce qu’il y a de la misère dans le rue que l’on doit vivre avec. Nous avons besoin de bien se nourrir, d’être bien logés pour être en forme pour travailler. Que dirait la population d’un frère qui ne prend pas soin de lui ! De plus, pour nos missions en brousse, nous avons besoin de 4x4. Autant qu’ils soient corrects !
Commentaires : à chacun de se faire sa propre idée !
11 octobre 2008
Excursion sur la cote Est.
Debout à 5h moins le quart pour aller réserver nos places du train. Le challenge…
On arrive donc à la gare à l’heure, après un réveil difficile. On prend le petit dej sur un banc (Nutella piqué aus Freres. Cf PS) et on apprend, au moment de réserver, qu’il n’y a plus de place disponible en première.
Nous embarquons donc en seconde. Les sièges ne sont évidements pas individuels et on constate que la plupart des gens ont déjà posé leurs affaires pour s’assurer d’une place assise. Nous faisons de même et en route pour le départ (à l’heure). Tous nos efforts matinaux seront récompensés par ce voyage ; ça vaut vraiment le coup. Les paysages sont magnifiques et variés : rizières en veux tu en voila ; forêts et un peu de montagne.
Il faut le dire, il y a vraiment 2 classes:
- la première avec les vazahas (dont certains jettent qd même des pièces de la fenêtre aux enfants à chaque gare !)
- et la seconde avec les malgaches, qq vazahas qui n’ont pas eu de place en première (on est dans le lot), quelques poissons et légumes et beaucoup de bagages.
Au final, nous aurons une place assise tout le long du trajet. Heureusement, car il a duré au total 8h !!! On ne regrette donc en rien d’être en seconde : les malgaches sont sympas et ce n’est pas si la cohue que ça (le métro parisien est bien pire). On apprend encore quelques mots malgaches et on obtient de précieux conseils pour la suite du voyage.
J’oubliai de préciser, c’est un train à vapeur avec beaucoup de secousses : c’est assez marrant de regarder les voyageurs assis : ils « sautent » tous en cadence au rythme de environ 1 saut toutes les 4 secondes. Les toilettes sont simples : une cuvette à l’occidentale avec une trou.
A chaque gare, le train s’arrête et les vendeurs accourent pour proposer principalement à manger : des langoustines vivantes ou cuites, des beignets, des bananes… On craque pour une purée de banane/riz enveloppée dans une feuille de bananier : c’est bon et ça tient bien au corps. Pile poil ce qui nous fallait !
Nous arrivons encercles par les pousses pousses de Manakara en fin d’aprem. Après avoir réussi à les « repousser », voilà les guides !! Et oui sans même avoir lu les guides touristiques, il est facile de savoir ce qu’il y a à faire !
On s’installe dans un hôtel sommaire : des énormes araignées blanches et noires avec un peu de rouge sur les pattes de 7cm nous regardent de leurs toiles, juste en face de la fenêtre de la salle de bain… Autant dire que le gardien de l’hôtel est gentiment venue les repousser au plus vite. La lampe de poche pour inspecter la douche nous a aussi sauvé.
Nous allons sur les conseils du lonely planet manger « aux délices » et là, retour en France : que des vazahas attablés avec leurs langoustes. Nous n’aurons pas ce plaisir vu le prix exorbitant pour Mada (j’en ai mangé une pour 5 fois moins cher à Sainte Marie). On n’aura pas non plus le droit au poisson grillé (il n’y en a plus et c’est trop long à faire). On comprends pourquoi 10 minutes plus tard : un bus de 20 bidochons vient s’installer. Pour eux il faut assurer le service ! Bref, on s’assure avec une valeur sûre : du zébu avec des pâtes ou des frites. Pas de dessert non plus proposé. On repart donc … déçues et dorénavant méfiantes envers les conseils culinaires des guides.
Le lendemain matin, départ pour une virée en pirogue sur le canal des Pangalanes (canal artificiel qui longe la cote Est en laissant entre lui et l’océan indien une bande de terre) avec Antonio (guide qui au départ nous a qd même bien lourdé ; on lui fait savoir…). Journée magnifique et fatigante à la fois. La pirogue flotte au fil de l’eau - mora mora (lentement). Les rameurs sont courageux. Nous n’en seront pas autant sous le soleil de plomb. On s’attardera plutôt à se tartiner de crème solaire. Pour le déjeuner ce sera à l’ombre des cocotiers dans un petit village. Le repas est préparé par le guide - au menu :
- apéro jus de coco frais (cocos détachées par un enfant après une montée rapide à mains et pieds nus sur le tronc du cocotier)
- salade de tomates, carottes et concombres épluchés par nous même !
- poisson grillé ou avec sauce accompagné de… riz
- bananes et ananas bien sucrés
Bref succulent !
Baignade rapide dans les « piscines naturelles » : en fait ils appellent cela « piscines » parce que des rochers forment une barrière à 20m du bord de l’eau. Il y a tout de même beaucoup de courant ! On sèche en 30 secondes avec le vent et le soleil. Pratique vu que l’on doit déjà repartir… On retourne au point de départ en s’arrêtant visiter des plantations de vanille et en observant qq plantes carnivores.
Fatiguées, on mange sur le pouce dans un bouiboui : cette fois c’est poulet riz !!! Ca change !!
On est couché à 9h. Il faut encore se lever le lendemain matin pour 6heures de taxi brousse (retour à Fianar).
La route est belle tout comme les paysages (encore différents) mais franchement, y’en a marre de la musique malgache à fond les ballons, des arrêts à répétition pour charger encore et encore le bus soi disant sur une route nationale on est 3 par rangée et sur une régionale on est 4…).
Demain on continue de descendre la RN
Aux nouvelles bien fraîches j’espère.
Bises
Céline
PS : Nous souhaitons (on va voir si l’occasion se présente) aborder un sujet avec les Freres : « Qui finance leur établissement et en gros comment se fait-il qu’ils prônent le partage l’entraide… et qu’ils vivent dans une superbe bâtisse dont le chambres ont des saniatires privés et de l’eau chaude ; roulent en luxueux 4x4 (le splus gros jamais vus pour moi) et que les repas sont très copieux alors que la population crève de faim sur leur trottoir… »
On verra leur réponse…. Mais autant vous dire que pour l’instant ils ne m’ont pas convaincus (d’autant plus qu’ils ont essayé de nous arnaqués en nous demandant plus que ce qui était prévu au moment de payer : et là comme par hasard, ils ne comprennent plus trop le français…)
08 octobre 2008
nos journée à EdS (enfants du soleil) à Fianar
Les trois jours avec les enfants du soleil à Fianar
La plupart des enfants vont à l’école du village. Toutefois il existe deux classes spéciales au sein du village EdS de Fianar. Les nouveaux arrivants au centre ou ceux qui ont beaucoup de difficultés sont pris en charge par deux instits pour relever leurs niveaux scolaire en attendant de passer les concours pour rentrer dans les écoles du village.
La première classe comporte 6 élèves de maternelle entre 4 et 6 ans et 12 élèves entre 7 et 12 ans. Tout cela dans une classe de 15m2 avec du matériel pédagogique très sommaire: un cahier et un crayon gris par enfant, quelques livrets de lecture et des ardoises, pas de jeux pour les petits, deux tableaux noirs. La classe est décorée par leurs travaux. Lorsque nous arrivons, les grands font des opérations et les maternelles dessinent sur les ardoises. Ils se lèvent, nous saluent, nous chantent quelques chansons, essaient de se présenter seul en français (nom, âge, foyer et classe) malgré quelques difficultés. Nous auront les mêmes pour le faire en malgache. Nous les aidons à la réalisation de leur calculs : les mêmes difficultés que les petits français apparaissent… Par contre la tenue du cahier est irréprochable et leur implication dans le travail laisse rêveur…
Les 12 élèves de la seconde classe sont plus âgés : entre 7 et 14 ans. Ceux là ont redoublé plusieurs fois. Là aussi pas de superflu dans la classe !!!
Le centre dispose d’une salle informatique mais nous n’avons pas eu l’occasion de l’utiliser pour le moment.
L’après midi se déroule sur le terrain de sport, à chanter et à jouer à « Dessiner, c’est gagné » : nous apprenons encore quelques mots malgaches.
Nous descendons en ville à la recherche de l’outil préféré de tout vazaha : un ordi et surtout une connexion internet. Il y a bien un cybercafé mais après une demie heure d’attente pour ouvrir une et une seule page, nous décidons de lâcher l’affaire : rien que pour consulter mes mails, j’ai besoin d’en ouvrir quatre : soit 2 heures. Et oui à Mada, pour aller sur le net, il ne faut pas avoir de l’argent (900ar l’heure soit 40 centimes d’euros) mais par contre il ne faut vraiment pas être pressé : Mora mora les vazaha !!!!
Le soir, le père Venceslas, nous propose une soirée jeu mais il nous pose un lapin : bravo l’exemple… Toujours du riz au repas mais cette fois-ci accompagné de zébu et là ça change tout. D’ailleurs si je m’écoutais je ramènerai des mangues, des litchis, des petites bananes et un zébu à mon retour en France. Nous avons aussi eu le droit au délestage (coupure de courant pour l’économiser – l’eau manque pour la centrale hydraulique de la région). Repas et début de soirée aux bougies.
Petit briefing par Jeanine (responsable du site EdS à Fianar) au matin pour nous expliquer ce que l’on pouvait et ce que l’on ne pouvait pas faire à Tuléar (avec les enfants comme dans la vie quotidienne). Et là, pour changer, nous apprenons que nous pouvons être logées (pour un 1e/jour) chez les sœurs…. Ca devient une habitude (économique seulement), attention !!!
Après la déception de hier soir, nous retentons notre chance dans un autre cyber. Les pères auraient-ils fait une prière pour nous ??? Ca marche….
De nouveau du zébu au repas, c’est décidément une bonne journée !!!
Jeanine nous amène au CAT (Centre d’Aide au Travail) et à la crèche de Fianar. Les mères à la rue se retrouvant seule avec leurs enfants ont la possibilité de venir y dormir et y manger. Une crèche (salle de jeu et salle de classe sommaires) est gérée matin et après midi par une éducatrice. Les grands vont à l’école le matin et rejoignent les petits l’après midi. Pendant ce temps, les mères peuvent travailler à l’atelier de vannerie (création et vente). Ils ont implanté cette structure dans le quartier pauvre de la ville pour inciter les habitants à y venir. Un coup de main pour le ménage et la cuisine est en contre partie demandée pour tout utilisateur. L’inauguration de cette structure est toute récente. Les chambres et la cuisine sont neuves mais sommaires. Par exemple les lits n’ont pas de matelas mais de la paille dans un tissu. Ils ne veulent pas habituer les occupants au luxe !
Nous continuons la visite de la ville par l’atelier expo de Pierrot Men – un photographe qui travaille surtout sur Mada. Nous l’avons rencontré en personne. Vous jugerez par vous-même en venant admirer les murs de nos futurs apparts…
Petite pause détente autour d’une partir de billard. Résultats, il y a eu beaucoup de doubles coups pour l’adversaire…
Une balade dans le centre et le marché finit notre après midi : ca sera l’occasion de prendre encore quelques photos et de remplir notre valise de souvenirs…
PS : Pour les photos, si vous avez bien lu mon mail, vous avez compris qu’il faudra attendre mon retour pour les voir ; ils ne proposent pas de location de lits au cybercafé !!!
Aujourd'hui, nous avons pris en charge 4 filles pour une séance de lecture improvisée avec la méthode Boscher (environ 1960). La communication franco malgache reste difficile...
Départ demain matin à 7h en train (le seul de Mada) pour une petite virée sur la cote Est. Aventure garantie en première classe tout de même sinon c'était parti pour 8h de trajet debout avec poules et carottes.. A nous l'océan indien!!
A bientot pour les nouvelles
Bises à tous
DESOLEE POUR TOUTES LES DEMANDES DE PHOTOS, VUE LA DIFFICULTE A SE CONNECTER, VOUS DEVREZ ATTENDRE MI DECEMBRE
06 octobre 2008
entre Tana et Fianar...
Salut à tous ! Mercredi matin, le chauffeur de l’asso nous a déposé avec tous nos bagages (150 kg à 4, ca fait du poids!) à la gare routière de Tana pour aller à Antsirabé (140 km au sud de Tana). Il tourne un peu au milieu de la cacophonie générale pour tenter de nous choisir un taxi brousse de confiance. Tout le monde nous interpelle et une fois installées, le rabatteur (l’intermédiaire entre les clients et le chauffeur) nous demande un supplément pour la quantité des bagages. Le policier trouve un compromis : il diminue le prix demandé par le rabatteur. On trouve qu’il y a vraiment beaucoup de bazar dans cette gare. Un malgache nous explique qu’en fait les rabatteurs font une grève aujourd’hui parce que l’état veut nationaliser la gare (cette gare routière est la seule de Mada à être encore non nationalisée) ce qui veut dire que les rabatteurs auront moins de travail. Au final, on a un peu l’impression d’être dans des cages à poules ou dans un zoo : tous le monde nous regarde, nous interpelle… C’est assez oppressant ! Finalement, c’est plus simple pour nous quand c’est nationalisé : prix fixe pour tout le monde (vazaha ou local) et choix tranquille du taxi brousse. On démarre une heure après. La route pour Antsirabé est correcte, le chauffeur roule doucement. Pendant le trajet (4h), on est arrêté 5-6 fois par des contrôles de police qui se finissent souvent en « bakchichs ». L’arrivée à Antsirabé est très contrastée par rapport à Tana. C’est une ville beaucoup plus calme : les gens sont moins insistants, il y a moins de taxis brousse mais des pousses pousses à la place. On s’installe dans le dortoir de l’association, va manger chez Billy, un hôtel restaurant francomalgache. L’après midi on est allé visiter le village d’accueil de l’association. C’est un véritable petit village avec 6 maisons, un accueil administratif et des terrains de jeu. Dans chaque maison, 16 enfants sont pris en charge par 2 éducateurs (l’âge et le sexe des enfants étant variés). Ils ont chacun un budget mensuel qu’ils gèrent seuls. L’objectif est vraiment de reconstruire une famille et de réinsérer professionnellement les enfants. Les enfants vont à l’école du village (école privée tout de même car la publique laisse à désirer !). Le centre cultive de la spiruline, une algue verte utilisée comme complément alimentaire : elle permet aux enfants de reprendre du poids rapidement : 4-5kg en 6 semaines. Chaque vendredi soir, une équipe de nuit fait une ronde de nuit pour repérer les enfants qui sont dans la rue : ils leurs proposent de venir passer la nuit en sécurité. Puis la suite se fait au cas par cas. Soit l’enfant est pris totalement en charge par l’asso (après passage devant une assistante sociale et un juge) et est intégré à un village d’enfant ; Soit l’asso aide la famille financièrement pour éviter la mendicité des enfants. En contre partie, ils doivent aller à l’école. Le responsable nous explique que les enfants des rues se droguent souvent car il est plus utile et plus « rentable » de fumer pour se donner du courage pour aller faire les poubelles (il faut alors se battre contre les chiens) que de manger 2 beignets. On finit l’après midi par faire qq courses au supermarché e se faisant plaisir avec du nutella et du fromage. Le lendemain on part visiter la ville d’Antsirabé avec Joseph (un guide très sympa d’une cinquantaine d’année). On passe à l’atelier de sculpture des cornes de zébus avec une petite démonstration et bien sur un petit achat ! au passage la viande de zébu est un délice ! L’après midi on part se balader avec un éducateur du village d’enfant au lac d’Andrikiba. On y rencontre plusieurs enfants qui sont ravis d’être pris en photos (vive le numérique…). Quelques achats là aussi avec les étals de marchands de pierre précieuse ou semi précieuses ! nous progressons au marchandage et il le faut bien : de 50 000 AR on est descendu à 18000 AR ! les vendeurs ont bien compris qu’il fallait mettre un prix très élevé au départ (pour les vazahas). Soirée à l’hôtel chez Billy : rencontre de Français avec un fond de musique malgache et la première THB (la bière locale : Three Horses Beer). Départ pour Fianarantsoa. On arrive à la gare routière (très calme cette fois ci) à 9h pour partir au final à 15h : et oui ici le taxi brousse ne part si et seulement si il est plein ! En 6 heures d’attente, on a eu le temps de voir passer les vendeurs de bananes, des carottes, de gâteaux mais aussi de poules (mais elle nous fournit le panier en osier pour les rapporter !), d’arbustes, de casseroles… Tout y est ! On teste aussi les toilettes de la gare routière : ca sera 50ar pour un pipi et 100ar pour un caca ! Le tout enrobé d’une odeur nauséabonde… A chaque arrivée d’un taxi, d’un pousse pousse, on prie pour que ce soit des voyageurs pour Fianar. La route est correcte là aussi. Les paysages sont très secs et la terre bien rouge. Ici, les cases sont en brique (fabrication locale) et non pas en bois (comme sur la côte est). On arrive donc à Fianar à 21h après avoir roulé de nuit : un chat y est passé ! Heureusement que les malgaches quant à eux savent se ranger ! Le chauffeur klaxonne à chaque piéton et véhicule le gênant pour le passage ! Mais il ne ralentie pas… le trajet étant long, heureusement qu’une pause nous attendait pour manger : la première brochette de zébu grillée sur tôle percée. Nous avons rejoint l’hôtel Mahaman en 4L le coffre blindé par nos bagages. Jeanine, la responsable du centre de l’asso vient nous chercher pour aller visiter le village. Auparavent on recherche un hotel ou plutôt un endroit ou dormir sans se ruiner. On finit chez……………..une communauté de Frères religieux, les jésuites ! Et oui tout arrive ! Au final ob y est encore mieux qu’à l’hôtel : logé nourri pour le même prix avec salle de bain dans les chambres et canal satellite ! On a eu peur pour la prière du repas mais ils sont très discrets. Au contraire le repas se transforme en discussion. Divers échanges autour de la vie malgache et francaise. Apprentissage en douceur du malgache. Le centre de l’asso ressemble beacoup à celui d’Antsirabé. Nous passons l’après midi avec les enfants mais sans les éducateurs qui sont en réunion : premiers contacts très chaleureux mais discussions assez difficlies. Seuls les enfnats à partir de 9-10 ans parlent et comprennent bien la francais. Heureusemnet qu’ils connaissent la plupart des jeux et q ‘ils savent se prendre en charge. Cela nous aide bien. Et la surprise, pas de danse africaine ou malgache mais de la tecktonik !!! L’après midi se termine en discussion, démonstartion, tressage de nos cheveux (ils osnt Tsara : beaux) (elles ont l’habitude de le faire mais nous pas : nous souffrons un peu !) et bien sur de prises de portraits… Les enfants nous apprenent des expressions malgaches, et rigolent bien de notre prononciation : en voici quelques unes (en phonétique) - Salam : bonjour veloum : au revoir missotr’ : merci - Ni anakou dia Céline. - Miassa aou amini Enfants du soleil ahou : je travaille à Enfants du soleil - Iraïk ambirouapoulou touana ahou : j’ai 21 ans (manue) - Nona ahou (j’ai faim : et oui une des première phrase que j’ai cherché à savoir…) - Mangataheta ahou (j’ai soif ; une des suivantes…) Il fait bien chaud ; on commence à parfaire notre bronzage mais déception une fois passées sous la douche le marron de nos jambes disparait : bienvenu à Mada et sa poussière de terre rouge ! Soirée jeu de carte entre nous. On comptait diner avec des beignets (salés) achetés dans la rue. Seule Manue trouve son bonheur, nous on sera dégouté par l’abondance de l’huile. Vive les gateaux gaufrettes au chocolat et un peu moins ceux à la noix de coco pour se remplir le ventre. Hier ce fut la journée du seigneur : grasse mat’, repas avec les Frères (bien bon) et petite balade dans le centre : tout comme en France, tout est fermé le dimanche. On fait une petite pause pour regarder le match de foot local et on remonte la côte au soleil… Le repas du soir sera un peu moins appétissant : on reconnait les saucisses vendues en plein soleil dans les étals de la rue rien qu’à l’odeur. On se calera avec le riz et les patates. Voici un petit résumé de la vision de la France par un Frère malgache qui a vécu 2 ans à Paris : - Ce qui est génial : la sécu, le service publique, les musés, mais aussi l’accueil des français (contrairement apparemment aux Italiens) - Ce qui est compréhensible : la politique de Sarko/ aux immigrés : « il respecte tout de même leurs droits sociaux » (je cite) - Ce qui change / Mada : le rythme de vie (nécessité d’être très patient à Mada)… Il nous explique aussi le pourquoi des lacunes des écoles publiques malgaches : - Il y a 3-4 ans le gouvernement a recruté massivement des bacheliers pour devenir instit ou prof après seulement 3 mois de formation. - Le salaire des profs est loin d’être valorisant donc la plupart ne voient pas l’intérêt de s’impliquer (revendication internationale !!!) - Dans les campagnes, les profs doivent aller tous les mois chercher leur salaire à la grosse ville de la région. Donc 2 jours de trajet, 1 semaine pour en profiter pour faire des courses et retour à l’école. Pendant tout se temps pas d’école !!!! La scolarisation est toutefois obligeé de la 11ème (CP) jusqu’en 7ème (année du CM2). On en a aussi profité pour regarder les infos sur canal sat ; Apparemment rien de nouveau ???? Bon on sait l’essence a encore augmentée (ici elle est au même prix par contre une course en ville en taxi revient à 1euro : chercher l’erreur) et Sarko n’est pas mort ! Bon, voili voulou ; a bientôt pour des nouvelles fraiches. Pour l’instant on reste qq jours avec les enfants de l’asso parfaire notre malgache et ensuite avant de descendre (enfin) sur Tuléar on en profitera pour faire la descente sur la côte Est en train ! Attention, comparaison avec la SNCF assurée !!! Bisous Veloum


