30 octobre 2008
week end en brousse
L’objectif de ce weekend était d’aller aux 7 lacs (sacrés) à 70km de Tuléar.
Le seul problème (récurent à Mada) : l’état des routes. En effet, après une vingtaine de km sur la RN7 (nationale en bon état), 50km de piste nous attendent. A priori, il existe un hôtel au village près des 7 lacs. A priori…
Nous voilà donc partis de Tuléar samedi midi en moto avec Nathalie (notre voisine kiné), Docte (son copain malgache) et les amis de Docte (qui font de la moto cross en compétition) : 3 motos dont deux de cross et une de ville (le chauffeur croyait que l’on allait à un autre endroit où il y a moins de piste) et un scooter. Je monte donc sur la moto de ville, genre une petite Harley et en route pour l’aventure…
A peine partis, une première panne sur la moto de Manue. 10 petites minutes de trafiquâges feront l’affaire. On repart sereins.
La piste (sable ou terre dure et pierreuse) est en vue. Le tapecul associé à la poussière rende le trajet encore plus aventureux. Nous longeons le large fleuve marron - l’Onilahy –, les rizières et passons à travers une forêt de je ne sais plus quoi (non tropicale en tout cas).
Arrive le 2eme souci technique toujours sur la moto de Manue après cette fois ci 1h30 de piste : crevaison ! On s’arrête au niveau d’un village ; cours de mécanique par Docte. Pas de chambre à air de rec hange ni de rustine; on découpe un morceau d’une vielle chambre à air et on colle. Ca sèche et pendant ce temps tous les enfants du village se réunissent autour de nous pour se faire prendre en photos et regarder la réparation –sans doute l’évènement de la journée ! Communication très difficile : les enfants et souvent les adultes ne parlent pas un mot de française. Au moment de remonter la roue, on constate une autre crevaison et pas des moindres : deux déchirures dont l’une de 7 cm (sans mentir, photo à l’appui). Pour nous, les vazettes même pas la peine d’espérer réparer cela. Docte nous rappelle que nous sommes au pays de la démerde : « Si,si c’est possible après 2 heures de temps » (comme ils disent).
Nous repartirons donc avec une chambre air comme neuve mais à la tombée de la nuit. Passage dans le sable avec qq frayeurs pour les vazettes : les roues arrières partent à droite et à gauche. Mais apparemment, c’est normal. De toute façon, on peut que leur faire confiance car :
-1. On est pommé à au moins 1 jours de marche dans la brousse
2- Vues les réparations qu’ils viennent de faire, c’est qu’ils doivent s’y connaitre un minimum…
Il fait nuit et il nous reste encore 25km de piste avant d’arriver au village près des 7 lacs. C’est trop risqué de continuer. Un ami de Docte se présente au chef du village où l’on s’est arrêté et il lui demande si l’on peut dormir ici. Il accepte. Les vazettes sont trop heureuses mais les malgaches restent méfiants. En effet, tout le village et donc tous les alentours savent que l’on va dormir ici avec des motos et des affaires personnelles qui ont de la valeur pour eux (pas pour nous sauf l’appareil photo). En nous accueillant, les villageois prennent le risque de se faire attaquer notamment par les voleurs de zébus ; Docte s’il avait été seul aurait préféré dormir à la belle étoile dans la brousse loin de tous les regards. On se rassure en se disant qu’un « militaire » garde le village la nuit. Nous nous installons donc (les 3 vazettes) dans la case du chef du village – case de 9m2 en boue et avec un toit en bois – Il y a juste un grand lit (où nous dormirons dans le sens de la largeur) et des vélos de stockés. Les malgaches dorment dehors sur une bâche pour veiller sur les motos (et sur nous !). Ils s’endormiront avec les casques sur la tête pour se protéger du vent. Les femmes du village nous proposent du riz qu’elles font cuire devant nous au feu de bois en 1heure. Nous salivons devant. Elles sont désolées, il n’y a rien pour l’accompagnement. Au final, on nous vendra un poulet (pour 7000Ar-3 euros) que l’on égorgera, plumera, videra et grillera devant nous. Repas très basique mais qui nous sauve : pas d’épicerie à l’horizon. On finit de manger alors que tout le village dort – silence de mort.
La nuit sera courte : couchées à 10h et levées à 4h du mat pour pouvoir arriver aux 7 lacs tôt le matin et rentrer à Tuléar avant la nuit. Nath a mal dormi (mal de ventre) sans doute un peu stressée, alors que Manue et moi nous nous sommes endormies à poings fermés, crevées par la journée et sans doute un peu naïves par rapport au risque.
Petit dej rapide avec qq gâteaux qui nous restent, du pain sec et des galettes de riz offertes par les mamas du village. Et c’est reparti au levé du soleil.
Pas de souci technique jusqu’aux 7 macs mis à part que j’ai failli embrasser le terre malgache comme ils disent. Plus de peur que de mal – le caillou caché sous le sable m’a fait faire un petit bond et m’a fait crier. Heureusement car avec du recul, on était qd même à une demie journée au plus rapide de l’hôpital de Tuléar (qui reste l’hôpital de Tuléar, donc pas terrible). Le chauffeur redémarre un peu plus mora mora d’autant plus qu’il faut attendre le scooter qui résiste toujours ! Un exploit. Ils ont quand même un peu peur que le moteur lâche (et là on aurait bien été embêtés…).
Il a qd même fallut traverser un bras de rivière avec les motos. Le scooter et ma moto passeront en équilibre sur un tronc d’arbre. On arrive enfin au village des 7 lacs ; L’épicerie temps attendue est … vide ! On achète donc une patate douce chacun pour le piquenique ;
Un habitant nous accompagne pour une petite balade à pieds aux lacs. On en profite pour se baigner (et donc se laver) ; Ca fait trop du bien après tout ce trajet dans la poussière. Les 7 petits lacs se succèdent. L’eau est claire sauf pour les 2 derniers où il ya de la mousse qui flotte (du vomi on dirait).
On décide de repartir vers 10h 11h pour être sûr d’arriver à Tuléar à temps (on ne sait jamais, les pannes ne préviennent pas). Le retour se passe bien (toujours en tapecul). On craint toutefois une panne sèche de carburant pour ma moto et pour le scooter. Ca passera, juste. De toute façon, on n’avait pas le choix.
Soupir de soulagement en voyant la RN7. On ressort toutes contentes de se weekend mais les fesses, les genoux ou le dos un peu en compote. Une bonne douche, un bon repas dans une pizzeria de Tuléar et surtout une bonne nuit répareront tout cela.
Conclusion : weekend en brousse réussit avec juste ce qu’il fallait en aventure. Merci à Docte et aux motos!
Commentaires
week-end réussi
pour un week-end réussi.... tu fais fort! je ne te savais pas si aventurière!
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